Le choix de ces implantations n'est pas un hasard : nous sommes en fait situé à proximité des grands marchés de la ville, c'est-à-dire proches d'une population de petits commerçants, aux moyens
modestes, la plupart du temps non bancarisés.

Et
c'est vers ce coeur de cible que nous nous tournons prioritairement ; de ce point de vue, nous sommes donc pleinement cohérents avec notre objectif de microfinance, qui s'inscrit de fait dans
l'aide au développement. Il s'agit de permettre aux membres de la MDIC de bénéficier de services bancaires solides mais adaptés à leurs besoins, en leur donnant les moyens d'une
gestion saine.
Dans ses statuts, la MDIC définit ainsi son objet :
" La MDIC a pour objectif la satisfaction des besoins financiers de ses membres en leur rendant le meilleur service au meilleur coût.
La MDIC a pour objet :
- De promouvoir l'épargne parmi ses membres
- De leur consentir du crédit
- D'effectuer toutes opérations financières autorisées par la réglementation pour le compte de ses membres, et de leur proposer tous produits et services diffusés par la MDIC
- De favoriser la solidarité et la coopération entre les membres
- De promouvoir l'éducation économique, sociale et coopérative de ses membres. "

Chaque point est essentiel, car cela
signifie que nous voulons donner des moyens de bonne gestion les plus pointus possibles, dans négliger pour autant la formation ou l'éducation dans la mesure où nous nous adressons à des
personnes souvent exclues du monde bancaire classique. Formation ou éducation fondamentales, car nous mettons l'accent sur la responsabilité de nos membres, convaincus que la juste implication de
chacun est la base du développement durable de l'entreprise.
La MDIC ne compte évidemment pas sur elle-seule pour son développement, et elle s'appuie sur des partenaires techniques solides, à savoir le
Crédit Mutuel français (qui n'a aucun lien avec
le Crédit Mutuel camerounais), via le
Centre International du Crédit Mutuel (CICM), et une ONG française : l'I
nstitut Européen de Coopération et de
Développement (IECD), présent au Cameroun pour
d'autres projets également, comme les Ecoles Familiales Agricoles (EFA) ou le programme d'appui à la Très Petite Entreprise (TPE).
Côté expérience en Afrique, le CICM n'est pas en reste, et est un des principaux acteurs de la microfinance depuis plusieurs décennies, bien avant que ce secteur ne soit connu du grand public,
avec des projets au Sénégal, au Congo, au Mali, au Niger, au Centrafrique, en Côte d'Ivoire... Il est aussi présent en Asie, et poursuit un développement constant (cf. page sur le CICM
Le Centre International du Crédit Mutuel ).
Au Cameroun, le rôle des partenaires techniques est très concret, et ils portent la gérance du projet. Ainsi, la direction est actuellement assurée par un assistant technique détaché par le CICM,
mis à disposition de la MDIC, à savoir moi-même ! Ceci se fait bien entendu en lien avec les salariés de la MDIC, et le Conseil d'Administration, puisque nous nous inscrivons pleinement dans le
fonctionnement mutualiste.
Ce fonctionnement n'est pas forcément évident au quotidien, d'autant plus que les coopératives d'épargne et de crédit souffre d'une réelle crise de confiance au Cameroun, suite à l'indélicatesse
d'un certain nombres d'IMF dans un passé récent (voir article :
Un avant goût de la MDIC... ) C'est ce que l'IECD reprend
dans son
Rapport annuel 2007 dont voici ci-dessous un extrait :

"Dans un contexte de post crise économique dont
l'une des conséquences majeures fut l'apparition d'un secteur informel majoritaire et incontournable, les micros et petits acteurs économiques ont longtemps été marginalisés des politiques de
soutien et des initiatives de développement. L'explosion de la micro-finance qui s'en est suivie cachait alors des faillites en cascade qui rendent suspectes, encore aujourd'hui, les coopératives
d'épargne et de crédit.
Depuis 2005, l'IECD s'est associé au Centre International du Crédit Mutuel (CICM) pour développer et renforcer un réseau mutualiste d'épargne et de crédit (Coopec) permettant à la fois de
sécuriser l'épargne, de faciliter l'accès au crédit mais aussi de mettre en place des caisses gérées par les sociétaires eux-mêmes. Il s'agit d'une approche résolument orientée vers le
développement des capacités techniques et associatives locales."

Et ce ne sont pas de vains mots : nous nous efforçons au quotidien, avec professionnalisme et rigueur, de développer ce réseau, en restant fidèles à notre orientation mutualiste et nos objectifs
de durabilité, sécurité, fiabilité et proximité. Et ceci s'incarne très concrètement ; par exemple, toutes nos agences sont informatisées, afin d'assurer la meilleure traçabilité possible, et une
réelle transparence
C'est essentiel pour la pérennité du projet, et pour que notre action s'inscrive pleinement dans une aide au développement durable et efficace.
Par le biais des différents articles de ce blog, j'essaierai de vous montrer et vous faire partager notre expérience en ce sens. Mais je suis plutôt optimiste quant à notre réseau car, si ce
n'est pas facile tous les jours, il y a déjà de nombreux signes positifs, et nous répondons à une demande réelle et tangible.